Ici vous trouverez les premiers chapitres de chaque Tome !

Extrait du Tome 1 :

 

Chapitre 1 : l’adoption hypnotisante

 

 

Un soleil, des oiseaux chantant, pas le moindre signe de mauvais temps. Pour compléter la description d’une journée parfaite, il ne manquait plus qu’à savoir quel héritage la tante Henriette avait laissé. Des gens se trouvaient donc chez un notaire, impatient de savoir qui allait hériter de la fortune de cette vieille femme. Un homme habillé tout en noir, une paire de lunettes rectangulaires sur le nez, un visage rempli de rides soutenu par un cou long et un crâne… disons bien en vue, avait commencé à lire le testament d’Henriette Verdet depuis l’aube et il espérait toujours que le papier qu’il tenait arriverait à la fin. Cet homme était le notaire.

  • […] ensuite je lègue les objets de ma cuisine, de ma chambre et du salon à Mlle Prescilia Verdet. Je sais qu’elle rêvait de les avoir.

  • Oh non ! râla une femme vêtue tout en blanc et portant un chignon très tiré, moi je voulais la maison entière ! Pas seulement certains meubles !

  • Prescilia chérie, voyons ! Ne te mets pas dans un état pareil pour si peu ! lui dit un homme assez petit, gros et aussi chauve que le notaire.

  • Il a raison votre mari. Calmez votre ardeur, vous devriez plutôt être ravi d’avoir hérité de tous ces objets. Moi je n’ai eu droit qu’à l’armoire et l’horloge du hall d’entrée.

  • Chut !! siffla une femme, je voudrais bien écouter la suite et savoir si j’ai héri… Pardon, je voulais dire si Jean-Charles, mon cher mari, a hérité de sa tante.

 

Après cette intervention, le brouhaha s'atténua jusqu’à distinguer à nouveau la voix grave et fatiguée du notaire. La femme qui venait de faire taire tout ce petit monde était assez petite, malgré les talons de 10 centimètres qu’elle portait.

Ses magnifiques yeux verts et sa chevelure blonde ondulée ne sauraient cacher les petites fissures – des rides plutôt mal dissimulées – sous sa tonne de fard à joue. Elle portait un magnifique tailleur bleue. Un homme était assis juste à côté d’elle, vêtu d'un costume noir pour l’occasion. Ses cheveux gris faisaient ressortir ses yeux bleus et, bien qu'il n'eu aucun lien avec la terre de Shakespeare, une moustache à l’anglaise complétait son allure.

Le notaire reprit la lecture du testament. Il était maintenant 16h et cette lecture n'en finissait pas. Il faut dire que les gens présents n’étaient guère bon public. Fort mécontent, ils ne cessaient de faire des commentaires sur l'héritage qui semblait leur échapper. Tout le monde voulait la fortune d’Henriette, pourtant, aucun d’eux ne donnaient l’impression d’en avoir besoin. Le milieu de la bourgeoisie ne leur était pas étranger...

Après une bonne dizaine de noms dont seul le prénom changeait, le notaire arriva au dernier chapitre du testament : connaître enfin l'héritier de la fortune d’Henriette !

  • […] pour finir : pour tous les cadeaux qu’il m’a fait malgré le peu de ressource qu’il possédait ; pour avoir su fonder une famille qui, je l'espère, s'agrandira encore ; je lègue toute ma fortune et la maison de campagne, ainsi que les meubles restant à Jean-Charles et Charlotte Verdet. J’espère qu’ils seront heureux, et j'adresse mille baisers à leurs filles Christelle, Camélia et Coralie, conclu enfin le notaire, un sourire de soulagement aux lèvres.

  • Oui !!! hurla l'homme à la moustache anglaise, on a gagné Charlotte ! Sa fortune et sa maison sont à nous à présent !

  • Oui mon chéri ! répondit la femme aux talons de 10 centimètres, comme je suis heureuse ! Dépêchons-nous de rentrer téléphoner aux déménageurs.

 

A ces mots, Jean-Charles et Charlotte s’étaient levés et se dirigeaient vers la porte quand la femme au chignon leur coupa la route. Elle se plaça entre eux et la sortie, bloquant tous les autres par la même occasion.

  • Alors, vous êtes contents ? lança cette femme d’un ton rempli de mépris et de dégoût.

  • Que veux-tu dire Prescilia ? Bien sûr que nous sommes contents ! Elle nous a quand même légué sa fortune, répondit Jean-Charles avec une voix qui se voulait apaisante.

  • Attention elle va encore nous lancer une pique celle-là… marmonna Charlotte dans sa main gauche.

  • Mais je sais pourquoi c’est vous qu’elle a choisi ! Avec tout ces… comment peut-on les appeler ainsi… ces cadeaux, c’est normal qu’elle ait eu l’impression que vous l’aimiez et qu’elle vous devait beaucoup ! dit Prescilia le ton de plus en plus coléreux.

  • Tu vois je te l’avais dit ! Faut toujours qu’elle nous embête ! rajouta Charlotte bien fort pour énerver encore plus Prescilia.

  • Oh toi… commença Prescilia sans finir sa phrase.

  • Eh ! Qu’est-ce qui se passe là devant ? On aimerait bien rentrer nous ! Poussez-vous ! lança un homme barbu avec des lunettes.

  • Oh oui, poussez-vous ! dirent tous les autres en cœur.

  • Tu vois bien que tu gênes Prescilia, bouges un peu, répliqua calmement Charlotte, avec un sourire narquois.

 

Après quelques secondes et un regard furieux, Prescilia Verdet se résigna. Elle se poussa et tout le monde sortit en la bousculant. Il était maintenant temps de rentrer pour Jean-Charles et Charlotte, ils devaient annoncer la bonne nouvelle à leurs filles. Devant chez le notaire, sur un minuscule parking, une voiture se distinguait par sa beauté. C’était une sublime Bentley à peine plus petite qu’une limousine, entièrement noire avec des phares neufs et d’une propreté impeccable. Elle leur appartenait bien sûr, ils en avaient largement les moyens et, maintenant, ils pourront s’en acheter une deuxième.

Jean-Charles ouvrit la porte côté passager à sa femme, il fit bien attention qu’elle ne se cogne pas ou sinon il lui en coûterait. Il referma sa portière et partit s’asseoir à son tour, côté conducteur.

Ils durent rouler pendant 30 minutes leur maison actuelle n’étant pas à côté de la ville. Quand ils auront déménagé le chemin sera… moins long ! Oui, une petite ville nommée Ferna se trouvait à quelques mètres de la maison de campagne. Sur le chemin, un silence régnait. Tout leur bonheur et leur joie se reflétaient dans leurs yeux et leurs sourires.

 

La maison où ils vivaient était plutôt grande. Il y avait quatre chambres, une piscine, une immense terrasse et tout le confort d’une vie de riche. L’argent, ils savaient très bien le gérer. C’était d’ailleurs la seule chose qu’ils savaient vraiment faire. Jean-Charles changeait de métier comme de chemise, un coup dentiste un coup homme d’affaires, tandis que Charlotte passait ses journées devant le miroir à attendre – en vain – qu’il lui dise « Vous êtes la plus belle femme du monde ». Ils avaient trois filles nommées Christelle, l’aînée, Camélia et Coralie, deux sœurs nées à seulement quatre heures d’intervalle. Christelle était celle qui montrait souvent qu’elle était responsable. C’était d’ailleurs la seule à l’être. Elle avait les cheveux roux, coupé à la garçonne, avec de magnifiques yeux bleus. C’était une fille avec beaucoup de classe naturelle. Les trois venaient des mêmes parents et pourtant, elles ne se ressemblaient pas du tout. Camélia avait des yeux bleus-vert et les cheveux blonds foncé tombant jusqu’aux épaules. Coralie lui ressemblait beaucoup, mais ses cheveux plus court laissaient apparaître ses épaules. Ces deux-là étaient des filles que l’on qualifierait de « pimbêches ».

 

Soudain, un bruit sourd retentit dans toute la maison. Christelle, qui observait à l’aide de jumelles des oiseaux sur un arbre en face de chez eux, sut que ses parents venaient de rentrer. Elle soupira, posa ses jumelles, se leva et se dirigea au rez-de-chaussée pour aller leur ouvrir. En descendant les escaliers, elle aperçu Camélia devant son miroir et Coralie lisant un livre, toutes deux dans leur chambre. Christelle fit un signe de la main pour qu’elles descendent aussi. Les marches qu’elles descendaient étaient en marbre clair, cela faisait ressortir la lumière.

  • Les filles ! cria Charlotte avec une voix si aiguë que seul un chien pouvait entendre, descendaient !

  • Nous avons une très bonne nouvelle à vous annoncer ! rajouta Jean-Charles.

 

Quelques secondes, 1 minute, 2 minutes… Un bruit de pas se fit entendre.

  • Oui nous sommes là, répondit Christelle le souffle court, fatiguée d’avoir descendu autant de marche à toute allure.

  • Oh regarde-toi Christelle, tu es toute décoiffée ! Je ne crois pas t’avoir élevé comme ça !

  • Veuillez m’excuser de ne pas être présentable mère, dit Christelle en se courbant si bas que le sol lui paressait bien proche tout à coup.

  • Oui bon, nous verrons ça plus tard, si tu le veux bien ma chérie, coupa Jean-Charles en faisant signe à Christelle de se relever.

  • Qu’est-ce qu’il y a ? firent en cœur Camélia et Coralie qui venaient juste d’arriver.

  • Voilà vous savez que tante Henriette est décédée les filles et que nous sommes allés chez le notaire pour savoir si elle nous avait laissé quelque chose… commença à raconter Jean-Charles.

  • Bien sûr que nous savons, continue, dit Camélia d’une voix pressée.

  • Oui donc il nous a dit…

  • QUE NOUS AVONS HERITE DE TOUTE SA FORTUNE ET DE SON IMMENSE MAISON DE CAMPAGNE !!! hurla soudain Charlotte.

  • Ah !!! crièrent les filles en cœur.

  • Donc montez préparer vos valises, Jean-Charles appelle les déménageurs et dit leur que nous partons demain matin.

  • Mère, pourquoi pas tout de suite ?

  • Coralie nous ne sommes pas prêts. Mais ne t’inquiète pas, demain tu verras ta nouvelle maison. Maintenant va.

  • Oui mère.

 

Christelle et Camélia montèrent suivi de Coralie. Lorsqu’elles eurent disparu, Charlotte prit l’annuaire et ordonna à Jean-Charles de téléphoner. Elle monta à son tour préparer ses bagages. Leur téléphone était grand et ancien, tout noir avec un fil gris clair, il était assez drôle à voir. « Tu… tu… tu… » Faisait le combiné après que Jean-Charles ai composé le numéro des déménageurs. Il sonna 1 fois, 2 fois, 3 fois…

  • Ici Déménageurs express, j’écoute, dit une voix grave à travers le téléphone.

  • Allo ? Ici Mr Verdet.

  • Ah c’est vous cher ami ! Comment allez-vous ?

  • Bien merci. Je vous téléphone parce que nous déménageons.

  • Oh ? Et pourquoi donc ?

  • Nous avons hérité de la tante Henriette. Nous voulons dès demain matin 7h être en route pour notre nouvelle demeure.

  • D’accord, je comprends. Rendez-vous demain matin 6h pour le chargement de vos affaires, départ 7h, conclue la voix grave avant de raccrocher.

  • Oui c’est ça, à demain.

 

Après ce coup de téléphone, les Verdet avaient fini de tout emballer à 21h, pile l’heure du dîner. Pour ne rien salir, Charlotte ajouta une immense bâche blanche sur la table sur laquelle elle mit les couverts. Tout était beau dans cette maison, mais ils avaient hâte de partir. Les filles n’étaient jamais allées voir leur tante, c’était toujours elle qui venait. Elles ne pouvaient que s’imaginer leur nouvelle maison. Christelle espérait une petite maison en bois, un endroit où on se sentirait chez soi. Coralie voulait une chambre rien qu’à elle où elle pourrait faire venir un peintre qui dessinerait sa beauté. Camélia, quant à elle, voulait une salle de bain tellement immense qu’elle aurait la place de défiler, avec tout autour des miroirs pour refléter son charme. Les seuls à savoir vraiment à quoi ressemblait cette maison étaient Jean-Charles et Charlotte, mais ils ne dirent rien pour laisser l’effet de surprise.

Le lendemain, un bruit sourd résonnait dans la maison des Verdet. C’était le réveil de Christelle lui signifiant qu’elle devait se lever, se préparer, réveiller ses sœurs, faire le petit-déjeuner et attendre les déménageurs en silence pour les aider à charger. Elle n’avait pas la force d’un homme, mais c’était l’aînée donc la responsabilité lui disait de le faire (être dans une famille de riche n’a pas que des avantages pour les enfants).

Il était maintenant 6h50, 51… 55…59, 7h00 ! Les énormes camions blancs avec écrit « Déménageurs express » démarrèrent à la seconde près, suivit de la voiture-limousine de Jean-Charles et Charlotte. Sur la route, beaucoup de maisons défilaient, puis au bout d’une demi-heure il ne restait que des arbres. Le chemin fut long et périlleux pour les camions, ils devaient éviter tous les trous qu’il y avait sur la route sous peine de casser un des objets fragile qu’ils transportaient.

Un panneau apparut soudain, indiquant « Ferna ».

  • Nous sommes bientôt arrivé ? demanda Coralie d’une petite voix en se tenant comme si elle avait une envie pressante.

  • Oui tu le vois bien. Nous venons d’entrer dans le village, répondit sèchement Charlotte.

 

Les déménageurs s’étaient arrêtés devant une immense maison. Les murs étaient beaux et beiges, ils avaient l’air neufs. Comme convenu, le hall d’entrée, la cuisine, une des quatre chambres et le salon avait été vidé de leurs meubles la veille. Évidemment les Verdet étaient au courant, ils avaient donc emporté tout leur mobilier. La maison serait, d’ici le soir, remplit à nouveau.

Le lendemain, une belle journée s'annonçait. La veille ils avaient déballé les cartons, nettoyé la maison, rangé le mobilier et désigné qui prenait quelle chambre. Vers 21h, ils avaient manger, les filles étaient partit se coucher à 21h50 suivit de leur parent 30 mn après. Malheureusement, tout n'allait pas se passer comme prévu.

 

  • AAAHHH !!! hurla Charlotte.

 

Elle se trouvait chez une gynécologue. Le bureau était plutôt petit avec des photos bizarres tout autour (cela remplaçait la tapisserie). Un bureau marron et une chaise à roulette, un pot à crayon avec des petites fleurs, des dossiers ensevelis... Cette pièce n'était pas bien luxueuse, et pourtant faisait partit du meilleur cabinet de Ferna – c'était d'ailleurs le seul. Les Verdet y étaient allé pour comprendre pourquoi Charlotte ne tombait plus enceinte malgré leurs efforts.

  • Insuffisance ovarienne, affirma – pour la deuxième fois – la gynécologue, vous aller devoir prendre des médicaments (vitamines) et revenir une fois par mois pour que je vous contrôle.

  • Heu, hum... Oui nous... allons y réfléchir, répondit Jean-Charles tout en soutenant sa femme horrifiée de cette nouvelle.

 

Ils se levèrent, Jean-Charles attrapa l'ordonnance et sortit en direction de sa voiture noire à peine plus petite qu'une limousine. Le chemin fut aussi silencieux qu'à leur sortit de chez le notaire, mais pas pour les même raisons. Cette fois, aucun sourire n'était visible et dans leurs yeux ne se lisait que colère et tristesse. Une fois rentrés, les Verdet discutèrent :

  • Non mais tu te rends compte ?

  • Charlotte... dit doucement Jean-Charles

  • Non... Mais que va-t-on faire ? Je veux avoir d'autres filles ! Tu sais bien que ça me tient à cœur !

  • Oui je sais, et je ne veux que ton bonheur, mais je...

  • Je sais, tu ne veux pas payer les contrôles.

  • Heu... répondit Jean-Charles en baissant la tête, si tu y tiens vraiment... Je veux bien accepter...

  • Non... Enfin si... Mais non. Moi non plus je ne veux pas payer les contrôles. Une fois par mois ça reviendra trop cher !

  • A la rigueur, nous pouvons toujours acheter les vitamines, lui dit-il en tendant l'ordonnance vers elle.

  • Hum... réfléchit Charlotte, d'accord.

 

Le temps passa. Charlotte prenait ses vitamines, mais ne tombait toujours pas enceinte. Elle avait des crises de colère suivies de pleurs, au moins deux fois par jour, sans explication, ce qui inquiétait beaucoup Christelle et Jean-Charles.

  • Dis*, pourquoi elle est comme ça maman ? demanda un jour Christelle à son père.

  • Heu, tu sais... c'est privé.

  • S'il te plaît, j'aimerais l'aider et ses crises me font de plus en plus peur.

  • D'accord. En fait, elle voudrait avoir d'autres filles aussi belles et gentilles que vous toutes.

  • D'autres enfants ?

  • Oui, le problème c'est qu'elle n'y arrive plus.

  • Oh... répondit-elle tristement.

(* Christelle et son père se tutoie quand ils ne sont que tous les deux)

 

Trois mois plus tard, la situation était la même. Charlotte était au bord de la dépression, les autres morts de peur. Une émission nommée « Adopter, c'est pour la vie » passa un soir pendant que les Verdet dînaient. Jean-Charles regarda attentivement sa femme qui regardait attentivement la télévision. Il cru apercevoir de la joie dans son regard, de l'espoir. C'était LA solution : ils devaient adopter !

Après une longue discussion, ils décidèrent d'aller en ville voir l'orphelinat. Mais pendant que Jean-Charles essayait en vain de convaincre sa femme de choisir un petit garçon, quelqu'un les observait :

  • Mais chérie, un petit garçon, ça nous changerait…

  • Jean-Charles j’ai dit non ! Ils n’ont aucune manière, ne savent pas s’habiller ni se coiffer et n’écoutent personne !

  • Mais… Ça dépend de l’éducation…

  • Non c’est non ! Je t’ai dit que j’aimais les filles et que je rêvais d’en avoir d’autres. Tu ne vas quand même pas détruire le rêve de ta chère épouse pour un garçon !

  • Oh…. Oui ma chérie c’est d’accord. Je ne veux plus te voir aussi triste que ces trois derniers mois. Nous allons entrer et demander à voir les filles, tu pourras choisir celle qui te plaira le plus, céda finalement Jean-Charles.

  • Merci mon chéri, dit Charlotte en lui offrant un baiser sur le front (chose qui n’arrive guère habituellement).

 

Après avoir enfin décidé, le couple se remit en marche en direction de l’orphelinat. Arriver devant ils trouvèrent une grande porte. Elle était belle, marron avec des formes incrustées dedans. On aurait dit qu’elle était en bois.

  • Regarde ma chérie ! Comme cette porte est belle, remarqua Jean-Charles.

  • Chéri, nous sommes pressés.

  • Oh oui, désoler.

 

Les Verdet firent un pas quand un homme les appela :

  • Excusez-moi, dit un homme aux longs cheveux noirs, est-ce que vous allez adopter ?

  • Heu… oui mais qui…

  • Chérie ! Ne lui réponds pas ! Nous ne savons pas qui est cet homme !

  • Mon nom importe peu, Madame, dit-il en prenant la main de Charlotte et en lui déposant un baiser.

  • Oh ! Oh mais qu’est-ce que vous… commença à dire Jean-Charles

  • Chéri taisez-vous. Ce cher jeune homme m’a l’air de confiance, dit Charlotte charmée.

  • Merci Madame. Voulez-vous me répondre maintenant ?

  • Oh oh mais bien sûr. Nous allons adopter.

  • Un garçon ?

  • Non, une fille.

 

L’homme sourit. Il mit sa main dans sa veste et en sortit un drôle de bâton.

  • Hyptica ! cria l’homme en tenant son bâton en direction des Verdet.

  • Oh mais que…

  • Jean-Charles…

  • Vous allez m’écouter et m’obéir. Vous allez rentrer dans cet orphelinat…

  • Nous allons rentrer dans cet orphelinat… répétèrent Jean-Charles et Charlotte.

  • …et dire que vous voulez adopter une fille. Mais vous n’allez pas adopter n’importe laquelle ! Vous allez demander « celle que tout le monde fuit »

  • Celle que tout le monde fuit…

 

Sur ces mots, les Verdet ouvrirent l'immense porte en bois et se dirigèrent vers le secrétariat. L'intérieur était blanc, une ambiance d'hôpital régnait dans cet orphelinat et cela ne donnait guère envie d'y rester. Parfois, on pouvait voir quelques « infirmières » passaient entre deux portes. Il n'y avait que des femmes, âgées et habillées de manière stricte. La secrétaire portait des lunettes rondes qui affinait son visage, elle portait un chignon bas et un tailleur gris. En voyant les Verdet arrivaient -et surtout en apercevant l'allure de Charlotte-, la secrétaire leva les yeux.

  • Que voulez-vous ? dit-elle de manière robotique.

  • Nous voudrions adopter.

  • Un garçon ou une fille ? demanda-t-elle de la même manière.

  • Une fille.

  • Mais pas n'importe laquelle, « celle que tout le monde fuit », rajouta Jean-Charles.

  • Très bien, suivez-moi.

 

La secrétaire les emmena dans un long couloir. Il y avait beaucoup de portes avec chaque fois un numéro gravé -style or-. Charlotte supposa qu'ils devaient être dans les dortoirs. Ils marchèrent un bon moment, la secrétaire ne se retournait jamais pour voir si les Verdet la suivait toujours, elle continuait de marcher jusqu'à ce qu'ils arrivent devant la dernière porte de cette aile. Quelque chose d'étrange émaner de cette porte, Jean-Charles était mal à l'aise.

Pourtant, a priori, il n'y avait rien d'anormal : c'était la même porte que toutes celles vu auparavant.

  • Nous y sommes. Chambre 3459. La plus éloignée de toutes les chambres.

  • 3 459... la plus éloignée ?? dit Jean-Charles en exprimant sa surprise.

  • Oui, répondit-elle simplement.

  • Mais qui a-t-il à l'intérieur de cette pièce ?

  • Madame vous allez voir ça tout de suite.

 

Sur ces mots, la secrétaire ouvrit la porte. Dans cette chambre, la lumière entrait paisiblement par l'immense double fenêtre du fond. Les murs étaient dans les tons rosés, le lit était un simple matelas avec une petite couverture et beaucoup de peluches étaient éparpillées partout. Une petite fille devait vivre là, isolée du monde extérieur et des autres enfants, seule. La secrétaire dit juste « 3459 ! » et soudain, sortit de nulle part, une gamine était là, sous leurs yeux. Elle était petite et ne devait pas dépasser les 4 ans. Ses cheveux étaient long, châtains clair, attachés en deux mèches qui lui tombaient à côté des yeux. Ces derniers sont marrons foncés.

Charlotte resta bouche bée en voyant l'innocence que dégager cet enfant. Elle la trouvait rayonnante et... hypnotisante. En jetant un coup d'œil sur son mari, elle se rendit compte qu'il avait la même impression qu'elle.

  • Je ne sais pas pourquoi, mais ici, les enfants ne l'aiment pas. Ils la fuient comme la peste. De peur qu'elle n'ai une maladie inconnue, nous l'avons recluse ici, expliqua la secrétaire.

  • Pauvre enfant, chérie, nous devons la sortir d'ici !

  • Oui Jean-Charles, c'est notre devoir.

  • Vous la voulez ? Vous êtes sûr ?

  • Oui, répondirent-ils en cœur.

 

La secrétaire sortit des papiers de la pochette qu'elle avait, elle les tendit au Verdet. Dessus avait été écrit « Formulaire d'adoption ». C’était des papiers quelconques, mais en les voyants, la petite fille qui les accompagnait eu un large sourire. Son visage s’illumina, elle rayonnée d’espoir : celui de sortir enfin de cet endroit.

Charlotte vit cette dernière, la voir sourire comme ça lui donna envie de se dépêcher de remplir les papiers et de repartir avec elle. Une fois les papiers signaient, Charlotte prit la petite fille par la main et partit, Jean-Charles sur ses talons.

Cela faisait longtemps que cet enfant n’avait pas sentie l’air frais sur son visage, entendu les oiseaux chanter en virevoltant… Elle avait vécu quatre longues années dans cette chambre, à l’écart de tous. Personne ne devrait vivre comme ça, encore moins un enfant.

 

Une fois sortit de l’orphelinat, les Verdet commencèrent à marcher quand soudain :

« Arrêtez-vous, tournez-vous et donnez-moi l’enfant »

A ces mots, les Verdet s’exécutèrent sous le regard surpris de la petite fille. Leurs jambes ne bougèrent plus, c’était comme s’ils attendaient que celui ayant prononcé ces mots leur donne un autre ordre. Quelle surprise lorsque la personne leur ayant dit ces mots s’approcha : c’était l’homme qu’ils avaient rencontré tout à l’heure, juste avant d’entrer dans l’orphelinat.

Il s'approchait, ou du moins un bruit de pas se rapprochait d'eux, seule l'enfant pouvait le voir puisqu'elle était la seule à bouger librement. En le voyant, elle prit peur et serra encore plus fort la main de Charlotte (celle-ci toujours figer sur place). L'homme était grand, très grand, il avait un regard perçant et la regardait avec un sourire aux lèvres. Sa main se posa sur ses épaules, elle aurait voulu dire « Lâchez-moi ! Je veux partir ! » mais aucun mot ne venait à elle : alors elle le laissa faire. On aurait dit un docteur en train d'examiner son patient. Ses yeux noirs se posèrent tout d'abord sur son front, puis redescendirent au niveau de ses lèvres, son cou, ses hanches etc... Pour finir sur ses yeux : cette petite avait de magnifiques yeux marron foncés et l'un l'autre regardait son reflet dans les yeux de son voisin.

Tout à coup, il se recula, ressortit le bâton de tout à l'heure et tout en le brandissant vers le ciel cria « Sonia téléport ici ! ». Rien ne se produisit. Les minutes passaient sans que rien ne change : Charlotte et Jean-Charles ne bougeaient pas (hormis leurs clignements d'yeux), l'homme attendait toujours dans la même position (bâton en direction du ciel, un sourire aux lèvres) et la petite fille aux cheveux châtains attendait à moitié caché derrière celle qui lui tenait la main.

SPLASH !!

Ce fut le bruit que fit une fille, une jeune fille, en atterrissant sur la terre ferme. Elle était belle, aussi belle que l'autre enfant. Deux. Elles étaient deux, se ressemblant pratiquement trait pour trait : celle qui venait d'arriver avec les yeux et les cheveux de la même couleur, marrons, mais il y avait des différences : ses cheveux étaient courts (coupe à la garçonne) et elle arborait un sourire diabolique.... Le même que cet homme !

« Ils sont peut-être parent... » se demanda intérieurement la première des enfants.

  • C'est elle, n'est-ce pas ? demanda soudain la nouvelle arrivante.

  • Oui, c'est elle, sans aucun doute, répondit l'homme.

  • Alors, alors ? Tu l'as fait ? lui répondit-elle avec une once d'excitation dans la voix.

  • Non, je ne pouvais pas le faire sans toi.

  • Ah, c'est pour ça que tu m'as fait venir ! C'est dommage, j'étais occupée.... Mais ça ne fait rien ! Maintenant que je suis présente, je veux que tu commences !

 

La situation devint soudain étrange... L'homme attrapa -en quelques secondes seulement- le cou de celle qui venait de parler et, sur un ton de colère les sourcils baissés, lui dit :

  • Veux est un mot que je ne veux pas t'entendre me dire, on est d'accord ?

  • O-oui, on-on est d'accord, dit-elle dans une voix étouffée, j-je voulais dire : peux-tu commencer ?

  • Mais bien sûr, place-toi comme il faut... Voilà, comme ça... Bien en face oui...

 

Les deux filles étaient à présent face à face, mais l'une restait cachée alors l'homme décida de faire quelque chose : « Bougez-là en face de Sonia et immobilisez-là ! ». Des bras se mirent à bouger, des corps à se tournaient et les deux filles se retrouvèrent parfaitement en face, comme si quelqu'un voyait son reflet dans un miroir.

  • Ça risque d'être un peu douloureux...

  • Dommage pour elle, répondit-elle d'un ton narquois.

 

L'homme brandit son bâton qu'il avait gardé en main depuis le début vers l'enfant que les Verdets gardaient immobilisée, ferma les yeux comme pour se concentrer et les rouvrit en criant « Enra corpus liyer ! ». Une lumière blanche aveuglante apparut, personne ne voyait ce qu'il se passait, mais quand cette dernière fut complètement dissipée, une chose atroce venait de se produire : des sortes de veines noires passaient du corps de Sonia à l'autre fille, elles étaient reliées par des... choses.

Un cri retentit soudain, rompant le silence et la vision d'horreur : c'était la petite fille qui venait de crier, un hurlement venant de toute son âme, elle n'avait à présent plus qu'un regard vide fixé sur ceux qui sortaient d'elle. Petit à petit, ces choses se dissipèrent et Sonia se mit à rire, l'homme l'imita par la suite. Les Verdets quant à eux étaient dans le même état robotique. Une brise de vent passa dans les cheveux coupés à la garçonne, en même temps qu'ils bougeaient pour aller vers la petite apeurée. Des lèvres se posèrent sur elle, suivit de près par une griffure sur la joue : c'était de la part de Sonia, juste avant de repartir. L'homme ne prononça aucun mot, ne fit pas comme Sonia (pas d'action envers l'effrayée). Il se contenta de regarder les Verdets en marmonnant quelque chose d'étrange qui fit réagir ces derniers : ils clignèrent deux fois de suite des yeux et examinèrent la situation dans laquelle ils se trouvaient à présent.

En regardant alentour, les yeux verts de Charlotte trouvèrent les yeux noirs de l'homme qu'elle avait déjà rencontré, il lui adressa un clin d'œil qui la fit rougir et tourna les talons.

 

Il partit simplement, avec un sourire narquois.

Extrait du Tome 2 :

 

 

Chapitre 1 : une nouvelle année

 

 

La nuit avait été mouvementée. Christine s'était remémorée les évènements de l'année passée. Ses cauchemars, la mystérieuse silhouette qui l'avait poussée entre les arbres jumeaux, les boutiques et toutes les rencontres qui avaient suivi. La chose la plus mystérieuse qui restait à résoudre : qui était Sonia.... Christine avait passé l'été à réfléchir à cette question. Elle en était arrivée à diverses conclusions : A) elle ne s'appelait en réalité pas Christine mais Sonia, B) la folle de ses rêves se nommait Sonia, C) elle devait retrouver une fille nommée Sonia, D) Sonia était une fille faisant partie des Whisper, E) Sonia était un nom de code. Toutes ces hypothèses étaient plausibles, même la première. Christine savait très bien que son prénom lui avait été donné par Charlotte, ne connaissant pas l'original. En revanche, si la troisième hypothèse était la bonne, Christine ne pourrait la résoudre. Au sein du lycée magique Glasgow, il y avait énormément de filles s'appelant Sonia. Elle ne pourrait pas retrouver la bonne – le prénom n'étant pas suffisant pour cela.

Toujours est-il que le soleil venait de pointer son nez, illuminant le ciel d'une lueur jaunâtre. Christine se leva. Ses cheveux étaient ébouriffés, le désordre régnait. Elle essaya en vain de les coiffer, il restait toujours des mèches rebelles.

« Fichu cheveux... » pensa-t-elle.

Sa nouvelle chambre était grande. Il y avait une fenêtre avec de jolis rideaux violet, un grand bureau, deux lits et une grande étagère. Lisa vivait aussi dans cette pièce, elles la partageaient depuis que Christine avait été virée de chez elle. L'air y était bon. Tout dégageait de la joie, les couleurs étant gaies. Christine s'habilla et alla rejoindre les deux autres dans une petite salle qui servait de cuisine. Le magasin de Marcus était construit comme une maison : il y avait tout l'étage du bas pour la vente et le haut comportait une salle de bain, deux chambres et une petit pièce – la salle à manger.

En y entrant, la bonne odeur des tartines et du lait vint caresser ses narines. Elle vit Lisa toujours aussi belle et rayonnante. Cette dernière avait mis une chemise rayée grise et blanche, ainsi qu'un sous-pull. Malgré ce haut banal, son jean et ses baskets, Christine trouvait qu'elle avait une très belle allure. D'autant que ses cheveux, bien que laissaient au naturel, étaient resplendissant.

« Surtout comparée à moi... » se dit-elle intérieurement.

Oui, Christine avait un look garçon manqué, fille négligée. Elle n'y pouvait rien : la mode et le maquillage n'avaient jamais eu d'intérêt à ses yeux. Elle portait un sweat blanc au manches grises, un jean troué au niveau du genoux gauche, des bottines noires usées et un gilet bleu marine dont les manches étaient trop larges pour ses bras. La cuisine était particulièrement mignonne. Il y avait une table bleu ciel, des chaises en bois et un frigo. Bien sûr à tout cela se rajouter le nécessaire pour cuisiner. Marcus mangeait des tartines à la confiture tandis que Lisa buvait un bol de lait. Ils lui firent signe de s'assoir et de manger. Christine devait prendre des forces, aujourd'hui avait lieu la rentrée. Auparavant, elle aurait tout fait pour ne pas être présente : tomber malade, se faire mal, car elle haïssait plus que tout l'école. Mais depuis qu'elle était ici, qu'elle avait rencontré ses amis et qu'elle vivait chez Lisa, c'était son plus grand bonheur.

  • Alors bien dormi toi ? demanda Marcus à Christine.

  • Oui ça va, merci, répondit-elle.

  • C'est bien, dit-il.

  • Tu es sûre ? Tu n'as pas fait de cauchemar ? s'enquit Lisa, je suis pourtant sûre de t'avoir entendu...

  • Non c'est bon, ça va, dit Christine en lui coupant la parole.

  • Ah.... D'accord.

 

Lisa avait raison, elle faisait régulièrement des cauchemars – toutes les nuits quasiment – mais elle ne lui disait jamais. Depuis la fin de l'année précédente, elle écrivait tout dans un cahier. Cela lui permettait de se vider l'esprit, d'être joyeuse la journée, les nuits étant tristes. Leur repas continua bon train jusqu'à ce qu'un client entre et que Marcus descende.

  • Ma belle, tu es vraiment sûre de tout me dire ?

  • Chris.

  • Quoi ?

  • Appelle-moi plutôt Chris, j'en ai marre de « Christine », ça fait trop fille...et « ma belle » encore plus...

  • C'est normal, tu es une fille ! dit Lisa en souriant.

  • Oui, mais ce n'est pas mon prénom, je ne l'ai pas voulu... Je ne l'aime pas. Et puis, Chris c'est cool au moins !

  • Ah ah ! Si c'est ce que tu veux ok, répondit Lisa en rigolant, je disais donc, Chris, ne me cacherai-tu pas quelque chose ?

  • ...Pourquoi tu me le demande à chaque fois ?

  • Parce que je m'inquiète pour toi. Tu as eu pas mal de cauchemars durant cet été et tu ne m'en a jamais parlé...

  • Ça te dérange ?

  • Le bruit ? Oh non c'est bon ! J'ai l'habitude avec Marcus. D'habitude il dort avec moi – pour pas que je me retrouve seule sois-disant – et il ronfle comme un taureau !

  • Je ne parlais pas de ça ! Ah ah ah ! dit Christine en riant.

 

Lisa avait une légèreté d'esprit parfois qui réconfortée Christine. Évidemment, elle ne parlait pas du bruit mais du fait qu'elle ne lui dise rien. Leur repas se termina dans les rires et la bonne humeur.

Le reste passa vite. Il était désormais 13h et, après une matinée reposante et un bon repas, les filles devaient se dépêcher d'aller à la banque retirer « leur somme habituelle ». Elles dévalèrent les escaliers à tout allure – tellement que Chris failli loupée une marche. En sortant, Marcus leur parla.

  • Je t'avais dit de t'y prendre plus tôt ! Chaque année c'est pareil ! dit-il.

  • Ah je sais ! répondit Lisa en sortant.

 

La ville était bondée. Il y avait des élèves partout ! Les filles eurent du mal à passer, criant à tue-tête « excusez-nous on est pressée ». Après 25 bonnes minutes, elles arrivèrent enfin devant Mertany. Le bâtiment était toujours aussi immense et blanc. Christine se demandait souvent comment pouvait-il rester aussi propre, car comme on dit « le blanc c'est salissant ». Lisa poussa l'énorme porte et un grincement se fit entendre. A la surprise générale, le hall était vide. Pourtant l'année d'avant, il était rempli de familles. Elles montèrent au quatrième étage, puis allèrent au bureau « Argent pour débutant ». En entrant, elles virent la même femme et le même secrétaire que la dernière fois. Elle aussi les reconnu et fit un sourire.

  • Hé bien Lisa, toujours la même chose ?

  • Oui, mais vite on est pressée !

  • Décidément, tu ne changes pas. Vas-y, tu connais le chemin.

  • Oui, aller suis-moi Chris !

 

Après avoir récupérer leur sac de 62 baies, Lisa et Christine rentrèrent à la maison.

Il était 14h et elles devaient finir leurs valises avant d'y aller. Celles de Lisa étaient pleines à craquées. Elle y mettait son « nécessaire de survie » qui se composait exclusivement de romans fantastiques. Quand à celles de Chris, elles étaient plutôt à moitié vide, n'ayant pas grand chose à mettre dedans. Juste au moment de partir, Christine feint d'avoir oublié quelque chose dans sa chambre. En réalité, elle remonta chercher son cahier et les volumes sur les Sorts Cachés.

« Je commence à regretter de les avoir empruntés.... J'espère que Pett n'a pas eu d'ennuis » pensa-t-elle en rangeant les livres dans son sac à dos.

Pett, l'assistant bibliothécaire, avait un charme certain et Christine y avait succombé. Mais elle avait sorti des livres sans autorisation et craignait que quelqu'un s'en aperçoive et le punisse.

Dans les rues, autour d'elle, Christine ne se sentait pas très bien. C'était ici même que les meurtres avaient eu lieu. Personne n'en avait parlé depuis l'été, mais elle avait la sensation que rien n'était fini...au contraire, ce n'était que le commencement...

Le lycée se remarquait de loin tellement il était imposant. Le cœur de Christine se mit à accélérer lorsqu'elle franchit les portes. Il se calma quand elle ressentit un doux flux d'énergie, comme pour lui dire « Content de te revoir ». Une surprise attendait Lisa devant le hall : Lowan – il voulait revoir sa bien-aimé plus tôt que l'année passée. Il n'avait guère changé, peut-être un peu grandit mais rien de plus. Son habitude de porté des tee-shirts pâles pour faire ressortir ses chemises claires avait toujours paru étrange aux yeux de Lisa. Les trois amis montèrent aux dortoirs en empruntant des escaliers anciens.

« Avec toutes ces fissures, un jour il va lâcher » pensa Christine.

Ils continuèrent jusqu'à retrouver leur salle de détente avec son tableau, ses tables et ses canapés. Lowan voulu s'assoir deux minutes mais Lisa lui tira le bras. Ils empruntèrent à nouveau des escaliers, ceux-ci étant en bien meilleur état que les précédents, jusqu'au panneau « Chambre des 2èmes années : 2ème étage ». La chambre était composée de la même manière que celle des 1ères années : deux rangées de lits, l'une en face de l'autre, avec au bout des fenêtres. Et là encore, ils s'installèrent au fond. Lisa était tellement chargée qu'elle avait du mal à soulever ses valises. Elle faillit tomber après s'être « pris une valise » par terre – heureusement Lowan la rattrapa à temps. Ils restèrent sur les lits un moment à discuter et Lowan fit rire les filles en disant qu'il se sentait plus grand à présent. Au fur et à mesure que le temps passait, leurs camarades montaient s'installer.

Puis vers 16h30, ils virent Crow. Il était toujours aussi beau avec son regard de loup et ses cheveux d'un blanc céleste. Son style vestimentaire n'avait pas changé : un tee-shirt noir avec une rose rouge dessinée, un pantalon déchiré par endroit, un gilet gris trop grand pour lui et une paire de rangers. Il salua gaiement ses amis et commença à leur raconter « ses vacances ennuyeuses à la mer ». Le dernier membre du groupe n°5 se fit attendre jusqu'au repas, mais ses affaires avaient été amenées depuis longtemps. Elle arriva vers 20h, vêtue d'une simple robe noire à dentelles, ni coiffée ni maquillée, mais tout le monde continuait de se retourner sur son passage.

« Pourquoi est-ce que les gens se retournent toujours pour la regarder ? Ça m'énerve... » pensa Crow.

 

  • Bonsoir tout le monde, dit-elle de manière snobe.

  • Salut Léa, tu vas bien ? demanda Lisa.

  • Bonsoir, répondit Lowan en souriant.

  • Salut....dirent doucement Crow et Christine.

  • Oui je vais bien Lisa et toi ?

  • Ça va, je suis très heureuse d'être revenu ici ! Passer ses journées à ne rien faire ou à aider Marcus, ça devenait vraiment embêtant à la longue ! N'est-ce pas Chris ?

  • Oui c'est vrai, mais pour moi ça aller, c'était la première fois que j'aidais dans un tel magasin alors...

  • Pourquoi tu l'appelles Chris ? demanda Crow.

  • C'est moi qui lui ai demandé, je préfère qu'on m'appelle comme ça à l'avenir, répondit Christine.

  • Tiens j'y pense ! Et si après dîner on allait jouer à un jeu ? proposa Lowan.

  • Je suis pour ! D'autant que l'année dernière on en a pas fait... dit Lisa.

  • Pourquoi pas, mais je n'en connais aucun il va falloir m'expliquer.

  • Je suis dans le même cas que Chris, répondit Crow tout en se resservant du jus de pomme, si bien sûr tu te joins à nous Léa.

  • Je ne vois pas pourquoi je refuserai, d'autant que je n'ai rien de mieux à faire alors allons-y.

 

Le groupe fini de manger son repas en discutant de tout et de rien. Christine dû prendre Crow de force tellement il s'accrochait à la table – il voulait manger plus de gâteaux. Une fois sortit de la salle, ils leur fallut chercher un endroit où jouer. Lisa proposa la cour, mais c'était trop grand. Léa parla des toilettes, mais c'était trop petit. La réponse fut donnée par Christine et personne ne trouva à y redire : la bibliothèque. Montant les marches une à une, traversant divers couloirs, Christine sentait son cœur battre de plus en plus vite. L'endroit où Pett travaillait, le lieu où il était probablement en ce moment-même, approchait.

« J'aurais mieux fait de me taire... Et si jamais je me sentais mal devant lui ? Et si j'avais... ou lui... »

Elle arrêta de se prendre la tête, voyant que ses amis étaient arrivés. Lorsque la porte fut ouverte, Christine fut soulagée de ne trouver personne, mais elle ressentait tout de même une pointe de regret. Le groupe suivit Crow tout au fond de la bibliothèque, là où il avait l'habitude de se reposer. L'endroit était grand et le jeu de Lowan minutieux : cela rajouterai une touche de difficulté.

  • Bon alors voilà, je vous propose : le cache-cache des boutons noirs.

  • Oh chouette ! J'adore ce jeu ! dit Lisa pleine d'enthousiasme.

  • Quelles sont les règles ? demanda Léa.

  • Nous allons nous diviser en équipe et quand j'aurai ouvert cette boîte, des boutons noirs ensorcelés iront se cacher. Le but est d'en trouvé le maximum. Mais attention : certains s'amusent à changer de couleur avant de s'enfuir, alors si vous trouvez un bouton rouge ou jaune, fixez-le bien pour savoir où il va.

  • Mais comment fait-on pour les équipes ? On est cinq, ça ne sera pas équitable, remarqua Christine.

  • Moi je sais : Chris avec Crow, Lowan avec Lisa et moi toute seule.

  • Tu es sûre Léa ? demanda Lowan.

  • Oui, alors c'est parti !

 

Lowan sortit une boîte de son sac. Elle était marron avec des gravures noires : style gothique magnifique. Tout le monde se rapprocha de son partenaire – excepté Léa – et regarda la boîte s'ouvrir. Des dizaines de boutons noirs s'envolèrent dans divers coins de la bibliothèque. Lowan partit le premier, entrainant sa chérie au passage. Léa attendit, les yeux toujours sur la boîte, comme si elle attendait quelque chose et s'en prévenir, elle s'en alla. Crow avait l'air surexcité, c'était la première fois qu'il jouait à ce jeu mais déjà, il l'aimait. Quand à Christine, elle avait la tête ailleurs. Tirait par Crow, la chasse commença. Les boutons furent dur à trouver. Certains se cachaient entre les livres ou alors au-dessus des étagères. Pendant toute la durée du jeu, Pett ne se montra pas. Il était tard, la nuit noire avait pris place. Où pouvait-il être ?

Une fois tous les boutons trouvés, le groupe retourna devant la boîte. Les boutons avaient pris le nom de la personne qui les avait trouvés. Lowan fit le décompte et quand le résultat tomba, la surprise n'en fut que plus grande.

  • Léa ! déclara Lowan.

  • Quoi ?? cria Crow.

  • Aïe, mes oreilles...dit Christine.

  • Moi aussi je suis surprise, comment as-tu pu en trouver autant alors que tu étais seule ? demanda Lisa.

  • Ah ah, secret, répondit Léa avec un sourire.

 

Ils restèrent dix minutes de plus à discuter et décidèrent de remonter aux dortoirs quand des voix se firent entendre. Les règles avaient été enlevées, mais c'était mal vu de rester en dehors des dortoirs à partir d'une certaine heure. Le groupe remonta donc se coucher. Chacun fit quelque chose avant de dormir : Lowan embrassa Lisa, Crow vérifia ses réserves de Dragibus, Léa se regarda dans un miroir et Christine vérifia si les livres qu'elle avait emprunté ainsi que son cahier à cauchemars étaient toujours cachés sous son lit. Son cœur avait du mal à ralentir depuis qu'ils étaient revenu de la bibliothèque. Même si elle avait peur, revoir Pett lui aurait fait du bien.

« Je me demande où il est passé... J'irai voir demain après le repas s'il est revenu... » pensa-t-elle.

 

Nuit pour une jeune fille normale est synonyme de rêve, de joie et de puissance. C'est le moment où tout est possible et réalisable. Mais pour Chris, cela ne rime qu'avec mal-être, souffrance et tristesse. Ce soir-là, elle rêva. Encore.

Ses pieds étaient lourd, elle avait dû mal à avancer. Le nom Sonia résonnait. Elle ne savait pas où elle se trouvait, comme chaque fois, mais ressentait quelque chose de différent. Cette fois, l'environnement lui semblait familier, même si tout était vide. Marchant avec peine, son corps se rapprocha d'une lumière. Elle ouvrit une porte, sans comprendre d'où elle sortait, et vit qu'elle se trouvait à présent à l'extérieur de Glasgow, dans les rues de la ville. Au loin devant elle, une silhouette. Peut-être encore la folle ? Non, en se rapprochant, elle distingua un jeune homme. Cette personne lui rappelait vaguement quelqu'un. Levant la baguette au ciel, il cria « Goutte de pluie ! ». Soudain, le ciel s'assombrit, les nuages devinrent noirs et la pluie s'abattit sur eux. L'homme se retourna vers elle. Son visage était caché, voilé de noir, l'empêchant de connaître son identité. « Je suis désolé...vraiment.... - Quoi ? Désolé pour quoi ? - Oxgène judear ! » Ses poumons se vidèrent, l'air s'échappait hors d'elle, sa respiration se faisait dure et saccader. Puis plus rien. Son cœur, privait trop longtemps d'oxygène, s'arrêta. Elle tomba au sol tel un balais : raide et inerte.

Ses yeux s'ouvrirent, voulant échapper à ce cauchemar. Il faisait encore sombre dehors, mais le ciel était radieux. Christine alla se rincer le visage. Elle avait l'habitude de ces réveils au milieu de la nuit. Avant de se relaxer, elle écrivit ce dont elle se souvenait dans son cahier, puis elle s'accouda à la fenêtre et regarda les étoiles. Leurs scintillements étaient tellement beaux et envoûtant qu'elle se rendormit paisiblement.

Ce fut Lowan qui la réveilla le lendemain. Il fut surpris de la voir ainsi endormit au bord de la fenêtre et décida de la bouger pour que Lisa ne la voit pas.

  • Christine, tu es sûre que ça va ?

  • Oui Lowan, pourquoi ? demanda-t-elle enrouée.

  • Hé bien, tu parles d'une drôle de voix et tu t'es endormie devant la fenêtre – ouverte qui plus est ! Tu devrais aller voir l'infirmière, lui dit-il avant de descendre manger, sinon ton mal de gorge va empiré.

 

En allant se regarder dans une glace, elle vit que gorge était rouge, irritée. Peut-être qu'elle devait suivre le conseil de son ami, mais le temps passa à un telle vitesse qu'elle eu tout juste le temps de s'habiller et de manger avant de rejoindre ses amis sur le seuil de la salle de détente. Ils allèrent à l'extérieur, retrouver Rerte Russus pour en apprendre plus sur les diverses créatures magiques. Cela faisait seulement quelques mois qu'ils ne l'avaient pas vu, mais on pouvait lire sur son visage la fatigue, la vieillesse et surtout l'inquiétude. Il était assis sur une chaise et demanda à tout le monde de s'assoir par terre pour discuter.

  • Bonjour à tous, dit-il, c'est un plaisir de vous revoir. J'espère que vous avez passer de bonnes vacances car l'année va être difficile, très difficile...

  • Par rapport à quoi ? demanda l'élève joufflu dont le nom échappe totalement à Léa.

  • Et bien, à tout ce qu'il s'est passé l'année dernière. Je ne sais pas ce que vos parents vous ont raconté, oui il n'y a plus de disparition au sein de l'établissement, mais il y a encore eu un meurtre la nuit dernière. Et ce n'est pas tout, dit-il en faisant taire les voix, votre camarade Rurie ne pourra assurer la fin de sa scolarité : elle a été internée dans un hôpital psychiatrique.

 

Les élèves devinrent inquiet. Tout le monde croyait que Rurie était juste en retard ou avait un empêchement, et personne ne savait que les meurtres avaient repris.

  • Ce n'est pas qu'ils ont repris, commença Christine tout bas, c'est juste que personne n'en a parlé...

  • Bien bien, calmez-vous. Nous allons à présent commencer le cours. Je vais vous parler des mengols.

    Chapitre 2 : Les mengols

    Les mengols sont des créatures du jour. Ils sont sauvages et agressifs.

    On les trouvent habituellement dans les forets et les près.

    Ces créatures à deux cornes sont de vrai bête sauvage qui chargent sur tout ce qui bouge.

    Voici leur seul point faible : Lévius : Sort de lévitation permettant de soulever la créature qui devient apeuré, ce qui, à force, les fait exploser.

 

Les élèves restèrent silencieux le temps du cours – où cette fois-ci Russus ne montra pas à quoi ressemblait la créature dont il parlait, puis discutèrent à nouveau quand la cloche sonna. Léa était fatiguée et décida de remonter se reposer, à l'inverse de Crow qui partit faire une promenade. Christine resta avec Lowan et Lisa quelques minutes, avant de se souvenir qu'elle devait aller à l'infirmerie. Ses deux amis furent triste, elle partait encore de son côté, mais quand Lisa tourna la tête, Lowan la remercia de l'écouter.

Le silence prit place, laissant enfin le temps à sa gorge de se reposer et à son esprit de se calmer. Quand elle ouvrit la porte de l'infirmerie, elle crut s'évanouir : une horrible odeur de vomis mélangeait à des solutions chimiques lui attaqua les narines. Elle appela un moment, personne ne répondit. De loin elle vit un bureau et lu un papier.

« Formulaire n°1452... 1000 de plus que le mien l'année dernière ! » se dit-elle amusée.

Quand elle releva la tête, elle trouva une bouteille de sirop contre la toux. Elle n'avait entendu personne, pourtant quelqu'un avait déposé ce dont elle avait besoin. Vraiment bizarre comme endroit. Après en avoir avalée une gorgée et pris le reste avec elle, son cœur se remit à accélérer pour lui rappeler d'aller voir Pett. La bibliothèque était assez loin, mais elle était tellement pressée de le revoir, de le retrouver après deux mois d'attente. Lorsqu'elle se trouva face à la porte, son corps hésita un instant. Pett était-il réellement là, derrière ces murs ? Ou allait-elle encore être déçue de ne pas le trouver ? Ni une ni deux, elle entra. Ses yeux s'ouvrirent en grand, sa bouche se fit petite, sa respiration saccadée : l'homme qu'elle voulait tant revoir était là, en face d'elle. Il lisait un livre. Christine fit quelques pas afin de se retrouver devant lui. Il tourna alors son visage radieux dans sa direction et lui sourit. Il avait l'air fatigué, comme beaucoup, mais heureux de la revoir. A sa surprise, il l'enlaça. C'était encore inhabituel pour elle, surtout avec un homme. Son visage rougit et ses yeux s'émerveillèrent. Elle était heureuse. Pour la première fois, elle ne pensait à rien. Son esprit était vide. Grâce à lui. Ils allèrent ensuite s'installer au fond de la pièce et y restèrent des heures. Le temps n'avait plus d'importance, seule leur discussion l'était. Ces instants étaient comme un rêve. Et comme tout rêve, ils ont une fin. Ce fut Léa qui marqua l'arrêt de son bonheur. Celle-ci entra pour chercher un livre, Pett dû aller l'aider. Christine fut d'ailleurs étonnée de voir son amie en ces lieux, elle n'aurait jamais cru qu'une telle fille puisse chercher un livre. D'ailleurs, cette dernière ne trouva pas ce qu'elle cherchait, disant simplement que ceux qu'elle voulait « n'était pas là ». Bien sûr, beaucoup d'élèves venaient emprunter des livres et Léa aurait dû prévoir qu'elle ne trouverait pas ceux qu'elle voulait, mais pendant une seconde Christine cru savoir desquels ils s'agissaient.

Léa repartit rapidement après lui avoir sourit, laissant à nouveaux seul les jeunes amoureux. Cette fois, le bonheur n'était pas au rendez-vous : Christine comptait demander où il était passé la veille.

  • Dis-moi Pett, où étais-tu la nuit dernière ?

  • Pourquoi tu me demandes ça tout à coup ?

  • Hé bien avec les autres on est venu ici, mais tu n'y étais pas. Il n'y avait personne à part nous cinq.

  • Je suis allé en ville me promener.

  • Ah, d'accord.

 

Christine n'était guère satisfaite de cette réponse, mais elle allait devoir faire avec. Après tout il avait sa vie et pouvait faire ce qu'il voulait. En revanche, quand il lui posa à son tour une question, ce fut elle qui lui donna une réponse qui ne le satisfit pas.

  • Et toi, qu'as-tu fais des livres que tu avais emprunté l'année dernière ?

  • Lesquels ? demanda-t-elle, feignant de ne pas savoir de quoi il parlait.

  • Tu le sais très bien : ceux sur les Sorts Cachés ! Lorsque j'ai fais l'inventaire en août je ne les ai pas trouvé, ce n'est pas normal.

  • Tu as eu des ennuis ? s'enquit-elle de demander.

  • Non heureusement.

 

Un malaise s'installa. Elle ne pouvait lui dire la vérité ni mentir plus longtemps. La solution fut alors de partir, prétextant d'avoir un truc à faire. Son cœur lui fit mal un temps, lui faisant comprendre qu'il n'approuvait guère ce comportement. Mais elle n'avait pas le choix, il serait furieux d'apprendre qu'elle les avait volés pour les étudier – d'autant plus qu'ils ne contiennent que des sortilèges interdits. Elle se rendit à la salle de détente où le reste du groupe traînait. Crow s'amusait à faire des grimaces tout en avalant des quantités de bonbons, faisant rire les autres. Christine se rajouta doucement à la bande et rit avec eux. Le temps passa vite en leur compagnie, tellement que leur cours de Sorts arriva sans qu'ils ne s'en rendent compte. Le salle de Riverie Celeste-Bross était vraiment la plus bizarre pour Christine puisque la seule sans table. Un à un les élèves s'assirent dans le calme. Celeste-Bross était assise derrière son bureau. Elle écrivait quelque chose et s'arrêta lorsque le dernier élève arriva. Beaucoup la trouvèrent fatiguée, mais en réalité elle avait juste des rides qu'elle n'avait pas caché. Le début du cours fut très silencieux : personne ne parlait. Tous se dévisageaient et beaucoup se sentaient mal à l'aise. Elle prit soudain la parole, l'air sévère.

  • Mes chers élèves, mon collègue vous l'a certainement annoncé : Rurie ne viendra plus et les meurtres ont repris. Vous vous souvenez tous, j'imagine, de ce qu'il s'est passé l'année précédente. Mais à l'inverse, pour le moment, aucunes règles ni sanctions ne seront appliquées. Veillez quand même à ne pas sortir trop tard et à rester grouper.

  • Oui madame, répondirent-ils.

  • Bien, nous allons commencer cette nouvelle année avec un Sort Étoile : je veux savoir qui est capable d'en faire.

  • C'est vraiment une manie de toujours vouloir nous évaluer....chuchota Christine.

  • On dirait bien...lui répondit Lisa.

 

La professeur regarda un moment son cahier de note et dit avoir voulu leur faire faire Goutte de pluiemais le directeur refusa, elle décida donc d'utiliser Pousse aparecio. Au nom du premier sort qu'elle mentionna, la mémoire de Christine fit tilt car c'était le sortilège qu'elle avait entendu dans son cauchemar, la veille. Riverie les appela chacun leur tour, comme la première fois. Du coup, Chris commença à se dire que, comme auparavant, elle allait rater son sort – d'autant qu'elle ne savait pas vraiment à quoi celui-ci servait. Elle en déduit qu'il faisait pousser les plantes, à force d'observation sur les sorts lancés par ses camarades. Mais à chaque fois, le visage de Riverie montrait du désespoir et de l'ennui. Le tour de Christine vint : la sueur luisait sur son front, elle était stressée et avait peur.

  • Allez à ton tour, tu vas y arriver....ou pas vu le résultat des autres... dit la professeur.

  • Pousse aparecio ! dit fermement Chris en direction d'un pot rempli de terre.

 

Il y eu une seconde de silence puis comme un mini-tremblement de terre venant du pot. Petit à petit, un bout vert se fit voir, puis une tige, une feuille, des épines....pour finir par s'éclore et laisser apparaître une sublime rose rouge. Tout le monde fut très surpris, la sorcière la première. Ce fut ensuite au tour de Calie, une jeune fille assez timide et pourtant très extravertie niveau vestimentaire. Au premier abord on aurait dit une jeune sorcière très maladroite, mais c'était tout le contraire. Elle réussit avec brillo son sort et eu droit à des exclamations de joies – ce qui ne fit que la rendre encore plus mal à l'aise. Crow passa ensuite, suivit de Léa. Tout deux y arrivèrent sans difficultés. Au contraire, Lowan et Lisa firent sortir une feuille qui se mit aussitôt à séché. Le cours se termina enfin, soulageant tous ceux qui avaient échoué, et ils étaient nombreux. En sortant, le groupe alla voir la jeune prodige. Celle-ci avait l'aspect d'une jeune enfant, mais elle était vraiment belle. En les voyant arrivaient, elle voulu partir mais n'en eu pas le temps. Le groupe l'encercla. Durant un temps, ils la regardèrent. Puis, voulant échapper à cette situation, elle ouvrit ses douces lèvres.

  • Heu....qu'est-ce que vous me voulez ? demanda-t-elle.

  • Moi je tenais à te dire que je te trouve incroyable ! répondit Lisa.

  • C'est vrai, ce que tu as fais tout à l'heure était génial ! ajouta Lowan.

  • N-non, ce n'est pas vrai...dit-elle timidement, je l'ai fais comme tout le monde.

  • Ne sois pas si modeste voyons ! lui rétorqua Léa.

  • Hé ! La brusque pas, tu vois pas qu'on l'a met mal à l'aise ?

  • Oh toi Crow niveau modestie y aurait à redire aussi.

  • Ça suffit vous deux ! les calma Christine, je suis désolée si on t'embête Calie, on peut partir si tu veux.

 

La jeune enfant resta un moment bouche bée, surprise par le calme et la maitrise dont avait fait preuve Chris pour les calmer. D'habitude, les personnes qui venaient la voir lui faisait des compliments ironique du style « bravo pour une gamine » ou « très jolie ton sort, t'aurais dû l'utiliser pour toi, ça t'aurai peut-être fait grandir ». Mais là, les cinq jeunes qu'elle avait sous les yeux, qui lui parlaient et se disputaient pour elle, n'étaient pas comme ça. A son tour elle les regarda. Crow et Léa se disputèrent encore un temps, puis Lowan et Lisa les arrêtèrent. Le silence suivit. Les beaux yeux rond de Calie s'émerveillèrent, ses joues se tintèrent d'un teint rosé et ses lèvres se tirèrent en un jolie sourire.

  • Merci, leur dit-elle, vous êtes vraiment bizarres !

  • Je rêve ou elle nous a traité là ? chuchota Léa.

  • Mais non, c'était un compliment, lui dit Lisa.

  • Ah bon ?

  • Bien je pense que nous t'avons assez dérangée comme ça. Vous venez ?

  • Ok Chris mais on fait quoi ? On a encore du temps avant le prochain cours, demanda Lowan.

  • Tu sais je pense que le temps de sortir dans le jardin, il sera déjà l'heure du cours de balais.

 

Approuvant cela, le groupe salua la jeune sorcière et partit. Glasgow était décidément trop grand. Ils durent empruntés divers couloirs et escaliers avant de retrouver le carrefour lumineux. Une fois dehors, tout les cinq prirent une bonne bouchée d'air frais. Il y avait un peu de vent, quelques nuages, mais l'endroit était magnifique et reposant. Léa voulu enlever ses chaussures pour sentir l'herbe sous ses pieds, mais ses amis le lui déconseillèrent. Elle les écouta, mais fixa d'un air absent le sol. La cabane du cours de balais était bien entretenue, notamment en comparaison avec celle de Rerte Russus. Une fois devant, les élèves allèrent récupérer leur balais. Les « super flèche » étaient les balais les plus rapide, mais les « flèche des mers » beaucoup plus design. Leur professeur, Level Binss, arriva en les surprenant : il était derrière la cabane – et non sur son balais comme la toute première fois. Il était toujours aussi grand. Ses cheveux noirs et ses yeux noisette, sa belle veste bleue assortit au pantalon, sa chemise blanche et ses mini-bottes marron.... Tout ces éléments faisait de lui l'un des professeurs les plus sexy de Glasgow. D'ailleurs, beaucoup d'élèves féminines succombaient à son charme. Lui repoussait gentiment leurs avances, en gentleman et homme respectable. Il salua les élèves avec un visage mélancolique. Il demanda même une minute de silence en l'honneur des disparus et de Rurie.

« Tiens, maintenant que j'y pense, on a jamais retrouvé la tête de Théo....étrange » pensa Christine.

Level Binss leur demanda ensuite de mettre leurs protections et de monter sur leur balais. Ils s'exécutèrent un à un. Certains, comme le garçon joufflu, avaient du mal à faire flotter le balais à 1m du sol, ils étaient plus à l'aise dans le ciel. Lisa vit de loin Calie, elle n'arrivait pas à taper du pied pour s'envoler. Un autre élève le remarqua et alla l'aider.

« Très chevaleresque et mignon ! » se dit Lisa tout en regardant son chevalier s'envolait.

Au bout de quelques minutes ils étaient tous en l'air.

  • Bien, aujourd'hui, pour reprendre avec des bases seines, j'ai décidé de vous faire faire un parcours ! leur dit-il assez fort pour que, malgré le vent, tout le monde entende.

 

Des protestations s'élevèrent. Beaucoup n'aimaient pas voler et encore moins faire un parcours. Mais Level Binss était un assez autoritaire pour que même ceux qui avaient protesté le suive. Le parcours était ainsi : en ligne ils allaient le suivre tout droit jusqu'à la limite de l'établissement, puis longeaient la limite en partant à gauche, faire demi-tour pour passer au-dessus du lycée (ce qui s'avère très difficile tellement Glasgow est haut) et revenir tranquillement au point de départ, avant d'atterrir sur le sol. Le début du trajet se passa bien, rien de bien compliqué à faire, tout le monde était confiant. Arriver à la limite, longeant la « barrière », des élèves commencèrent à s'inquiéter. Le plus facile venait d'être fait, le plus dur allait arriver. La ligne avait du mal à rester correcte. Leur professeur avait heureusement précisé au début que ceux qui ne se sentaient pas capable de tout faire pouvait s'arrêter en chemin et attendre leur retour. Au fur et à mesure qu'ils avançaient, les effectifs se réduisaient. Il ne resta bientôt plus que le groupe n°5 et une vingtaine d'autres. Quand ils firent demi-tour, beaucoup faillirent tomber de leur balais, Christine la première. Elle ne s'attendait pas à un demi-tour en arrière, en tournant ensuite pour se remettre à l'endroit. Ses mains tremblantes de peur étaient à deux doigts de lâcher prise. Mais heureusement elle tenu bon : la vue en valait la peine. Le lycée était vraiment beau, même à l'extérieur. Elle le regarda un temps, avant de se rendre compte que le mur n'était qu'à 20cm d'elle et qu'il fallait à présent monter à la verticale pour passer au-dessus. Là encore, une dizaine d'élèves abandonna, Calie en faisait d'ailleurs partie. Crow et Léa étaient tellement à l'aise qu'ils faisaient la course pour savoir qui des deux allaient arriver avant l'autre. Lowan et Lisa se mirent au niveau de Christine pour rester avec elle. La montée dura au moins 20mn, si ce n'est plus, tellement le bâtiment était haut. Mais une fois tout cela fini, une fois revenu au point de départ, les plus courageux purent sauter de joie. Level Binss les félicita et rassura ceux qui n'avaient pas réussi. Il était fier de les avoir comme élèves. La cloche sonna ensuite l'heure du repas, la matinée étant déjà finie. Le groupe alla gaiement à la salle à manger pour déguster un bon repas après s'être autant dépenser.

 

Leurs premiers cours avaient repris bon train.... Après tout, ils ignoraient encore ce qui allait suivre...

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Commentaires : 1
  • #1

    Juicer Review (samedi, 20 avril 2013 04:31)

    This is a great post! Thank you for sharing with us!